Valspocalypse

 

"Du plic ploc poétique qui sautille sur les toits au shlicopiquépoc énervé qui emplit les oreilles, il n'y a qu'une valse.

 

Celle des minutes sombres qui s'étirent sournoisement.

 

Celle des longs instants qui guettent sous le lit.

 

Celle des nuages lourds qui s'épanchent sans mot dire.

 

 

 

L'enfant doit dormir. Ses parents le lui ont dit, il n'y a pas si longtemps, avant de le mettre au lit. Il doit dormir.

 

Mais il ne peut pas.

 

Comment dormir avec cette pluie qui tambourine au-dessus de sa tête ?

 

Comment trouver les rêves cachés sous la crainte d'être englouti ?

 

Comment faire taire ce bruit qui prend toute la place dans le lit ?

 

 

 

Tourne, tourne, tourne, enfant. Tourne à gauche, tourne à droite, tourne sous les draps.

 

Bientôt le jour viendra et tu auras rêvé. Tu te seras endormi sans même t'en rendre compte.

 

La pluie t'aura bercé après t'avoir fait peur, d'ennemie à amie passée sans te le dire.

 

Les cris des gouttes d'eau auront été murmures et l'aube aura fait fuir le monstre de sous ton lit.

 

 

 

L'aube, vois-tu, est la plus jolie chose au monde. Elle apporte la paix à la nuit en colère et rassure le jour qui s'en vient tout tremblant. Lorsqu'elle n'est pas rosée, l'aube peut être grise. Elle garde alors sa main posée sur les campagnes et transforme la vie en tendre songe blanc.

 

 

 

L'aube est espoir.

 

L'aube est douceur.

 

L'aube est beauté.

 

Seuls nos yeux d'enfants fragiles voient dans les heures sombres des dents de monstres rouges, et dans les aubes grises des augures malheureuses.

 

Seuls nos regards blessés fuient la grâce de la pluie lorsqu'elle valse sur les tuiles.

 

 

 

Allez, lève-toi, enfant. Viens dans mes bras, viens t'y blottir. Et regarde par la fenêtre. Regarde la pluie valser sur la ville."

Mai 2013

 

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