Et après la pluie ?

 

De ces odeurs qui marquent, chamboulent, rassurent, une me reste.

 

Particulière et commune.

 

L'odeur de la pluie après le franc soleil d'été.

 

 

 

Alors que le soleil brûle terre, végétaux, bêtes et visages, la pluie s'en vient comme une amie qui manque. La voilà qui tombe, en grosses gouttes, perles d'orage, sur la poussière aride et l'herbe courageuse.

 

Monte alors l'Odeur.

 

Puissante, presque palpable, âcre et douce à la fois. Lourde dans les narines.

 

Une odeur indescriptible. De terre heureuse. D'herbe soulagée.

 

 

 

Optimiste. Une odeur optimiste, que c'est.

 

Qui rappelle que le sec ne dure pas, jamais indéfiniment en tout cas, et que la pluie, elle aussi, sera amenée à s'arrêter.

 

 

 

Rassurante. Une odeur rassurante, que oui.

 

Qui rappelle que la chaleur sans le frais n'a pas lieu d'exister, et que l'humide ne saurait l'être sans son opposé.

 

 

 

L'odeur de pluie sur sol d'été est comme un mariage heureux.

 

Comme deux mains qui se joignent pour affirmer leur amitié.

 

Comme une lettre d'amour sincère, simple, sans mots de trop.

 

 

 

Cette odeur de pluie, elle est là, vivante, et accompagne mes pas autant que ceux des autres alors que nous allons retrouver la halle du village où se joue le Grand Bal. Elle pourrait nous porter, sûrement, si nous la laissions faire. Peut-être d'ailleurs le fait elle!

 

Elle nous flatte le nez, en tout cas, nous caresse les mollets durcis par la danse.

 

Elle me console le coeur, à moi, comme les bras chauds d'une mère qui bercent l'enfant en colère.

 

 

Et là, devant, au creux des nuages, tout juste au-dessus des halles abritant pour la semaine de drôles de bestiaux aux pieds voraces, un clin d'oeil du monde à sa nature bien-aimée. L'arc-en-ciel, sourire miroir à celui qui naît sur mon visage.

 

 

 

J'ai envie de danser. Avec vous.

 

Et même avec la pluie.

Août 2012

 

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